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Un véritable tremplin vers les J.O. de 2016 et le Mondial 2017

2 février 2015 - 18:40

 En décrochant un 5e titre mondial à Doha, l’équipe de France a écrit une nouvelle page glorieuse de sa jeune histoire parmi l’élite. Depuis la médaille de bronze décrochée aux J.O. de Barcelone en 1992, l’équipe de France a su se renouveler et maintenir un niveau de performance exceptionnelle. Avec 10 titres remportés (5 mondiaux, 3 européens et 2 olympiques), elle est incontestablement l’équipe la plus huppée du 3e millénaire, tous sports confondus. Cette nouvelle consécration ouvre aussi de nouveaux horizons aux hommes de Claude ONESTA.

Désormais qualifiés pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, les Experts voyageront vers le Brésil dans 18 mois pour remporter un 3e titre olympique avant de viser une 6e étoile à Bercy, en conclusion du Mondial 2017. « Nous sommes doublement heureux, rapporte Philippe BANA. Pour ce nouveau trophée bien sûr et pour la qualification aux J.O. qui est exceptionnellement difficile à obtenir en passant par les TQO où devront batailler l’Espagne, la Pologne, le Danemark… » Et le Directeur Technique National de poursuivre : Cette médaille de 2015 est un véritable tremplin vers les J.O. de 2016 et le Mondial 2017. »


À la sortie d’une victoire fleuve à Bâle face à la Suisse début novembre pour les qualifications à l’Euro 2016, Jérôme FERNANDEZ annonçait l’objectif de tout un collectif : « on est champions d’Europe en titre et on a très envie d’aller chercher la qualification directe pour les Jeux olympiques à l’occasion du Mondial au Qatar. » Trois mois après, l’objectif est parfaitement atteint mais le capitaine des Bleus ne se projette plus. « C’est très probable que ce soit ma dernière compétition. Il y a suffisamment de talents dans cette équipe pour préparer les J.O. avec sérénité. Je suis de moins en moins utilisé et cela ne sert à rien de s’acharner. » S’il trouve aujourd’hui un moment pour visionner la finale disputée hier dans la magnifique enceinte de Lusail, il appréciera sûrement la séquence de la 48e minute lorsque son tir donna 2 buts d’avance (21-19) extrêmement précieux à ce moment clef du match.


Thierry OMEYER et Jérôme FERNANDEZ recordmen des titres mondiaux

Sacré champion du monde avec son compère Thierry OMEYER dans l’antre de Bercy en 2001, Jérôme FERNANDEZ a encore apporté sa pierre, 14 ans après, à la maison bleue dont il est un co-locataire qu’on ne voudrait jamais voir déménager. Thierry OMEYER n’a lui pas prononcé de propos définitifs : le gardien tricolore a été exceptionnel et il a été logiquement récompensé par le titre de meilleur gardien. Et de MVP,  c’est à dire de meilleur joueur du Mondial. Avec 105 arrêts (à 37 %), il s’est montré décisif à chaque fois que son équipe s’exposait à un retour d’adversaires frustrés mais qui ne renoncent jamais : face à l’Islande, la Suède, l’Espagne et le Qatar, l’Alsacien a été grandiose. Une transmission de brassard pourrait s’effectuer dans l’intimité de la chambre qu’ils partagent depuis 15 ans et les quatre titres mondiaux remportés : Jérôme FERNANDEZ pourrait même accrocher le brassard à la manche de ce sacré bonhomme auquel ses coéquipiers – et ils sont nombreux depuis 15 ans – devront un jour songer à fondre leurs médailles pour lui donner une part supplémentaire. Et elle est immense !


Invaincus neuf matches durant, les Experts n’ont jamais tremblé. Ils n’ont pas forcé leur talent pour dominer Tchèques, Égyptiens, Algériens, Argentins et Slovènes. Face à des adversaires plus huppés ou couperets, ils ont mis les ingrédients nécessaires pour s’imposer : face à la Suède pour gagner dans le money-time, face à l’Islande pour préserver leur invincibilité, face à l’Espagne et au Qatar pour dominer les débats avant de s’employer pour repousser des assauts répétés des prétendants au podium.


Favoris déclarés et assumés, les Experts n’ont pas déçu : ils ont maîtrisé leur dessein. Mieux leur patron, le coach ONESTA qui s’est entiché d’un nouvel adjoint avec Le Roc DINART, a remporté un 3e titre mondial et débuté la préparation du prochain cycle. N’a t-il pas aligné d’entrée en finale Kévynn NYOKAS ? Peu utilisé jusque-là, l’arrière droit de Göppingen a fait bouger les lignes de la défense et apporté toute son énergie face au Qatar. Kentin MAHÉ, dont les historiens de la discipline n’ont pas fini d’écrire le patronyme, fait déjà partie des solutions convaincantes. À un tel niveau, c’est bluffant. Naïvement on se prend à rêver d’un renouvellement automatique des talents. Michaël GUIGOU (33 ans) meilleur buteur français et Daniel NARCISSE (35 ans), le dynamiteur du tableau final, ne joueront pas éternellement sous le maillot de l’équipe de France. Nikola KARABATIC a déjà franchi la trentaine et son rayonnement, sur et en dehors du terrain, est immense. Il paraît inimaginable de lui trouver un successeur.


« Parfois long et difficile »

Claude ONESTA ne se lasse pas de ces campagnes mondiales ou seulement deux fois (en 2007 et en 2013) il n’a pas participé aux agapes finales. « Lorsque la compétition se termine comma ça, on a le sentiment d’être pénibles pour nos adversaires. Il n’y a pas une différence au point que l’on ait gagné huit titres et eux si peu. » Si son groupe est souvent récompensé, le coach relève le soulagement que procure la victoire : « on a commencé il y a un mois et on a le sentiment d’avoir bien travaillé. Bien sûr il y a des moments agréables mais parfois c’est long et difficile car les journées se ressemblent. Le Toulousain se projette sur les deux années à venir : « la qualification pour Rio 2016 est un élément déterminant pour moi. On pourra faire des essais et travailler dans la sérénité pendant un an. C’est un avantage important. Nous avons des joueurs stables et performants et nous avons commencé le renouvellement de l’équipe avec des jeunes joueurs qui l’intègrent avec déjà un rôle. » Une culture de la victoire et de la performance qui anime tous les entraîneurs et tous les joueurs de la DTN : « nous sommes obsédés par le futur et nous connaissons déjà les noms de certains joueurs qui arriveront après 2017, dévoile Philippe BANA qui fait référence à la fameuse une de l’Équipe Mag parue en 1996 après la 4e place des champions du monde en titre. « Y’a t-il une vie après les Barjots ? » L’Équipe consacrait dimanche une double Une exceptionnelle  et accordait une large place à l’anniversaire du titre des Barjots. Un maillot tricolore largement habillé de sponsors, des supporters venus en masse, une cohorte de journalistes présents à Doha et des audiences TV phénoménales  démontrent que le handball a bien changé de train de vie.

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